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Se dirige-t-on vers une guerre entre l'Iran et Israël ?

11 Mai 2018

"Nous ne cherchons pas l'escalade", a fait valoir le lieutenant-colonel Conricus, tout en prévenant que toute nouvelle tentative iranienne de s'en prendre à Israël appellerait une réponse vigoureuse. Mais Tsahal a déclenché "une action contre des objectifs iraniens en Syrie", a écrit en arabe un de ses porte-parole, Avichae Adrae, sur Twitter. Ghassem Souleimani commande la brigade Qods, chargée des opérations extérieures des Gardiens de la révolution, l'armée d'élite iranienne, et qui selon Israël est responsable des tirs jeudi sur cette partie du Golan.

Jean-Yves Le Drian était l'invité de BFMTV dans la soirée de jeudi. La Russie enfin, généralement favorable à Israël mais impliquée dans la guerre civile syrienne du même côté que l'Iran, a appelé les deux parties à faire preuve de retenue et à résoudre les différends par des moyens diplomatiques.

Le mercredi 9 mai, jour des frappes lancées par Israël contre les bases militaires syriennes qui abritent des troupes et des armements iraniens, Benjamin Netanyahu se trouvait fort opportunément à Moscou. Le président russe avait estimé qu'elle était "malheureusement très grave" et déclaré vouloir "chercher des solutions" avec le Premier ministre israélien après le retrait des Etats-Unis de l'accord nucléaire iranien.

L'Etat hébreu, qui reste officiellement en état de guerre avec la Syrie, affirme s'employer à rester à l'écart de la guerre chez son voisin. Une telle démarche réduirait la puissance de frappes d'Israël dans la région. Parmi les cibles attaquées par Israël figuraient également des milices pro-iraniennes proches de la frontière entre Israël et la Syrie dans le Golan, tels des postes d'observation et des systèmes de défenses aériens.

Mercredi, avant les frappes, Vladimir Poutine avait évoqué la situation avec M. Netanyahu. La Russie, qui entretient des relations proches avec l'Iran et Israël, tente de jouer les médiateurs pour éviter un embrasement. Cependant, il remarque avec inquiétude le soutien au régime de Bachar el-Assad par ses deux rivaux, l'Iran et le Hezbollah libanais. Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif rencontrera le 15 mai à Bruxelles ses homologues français, allemand et britannique. Sollicité par l'AFP, le ministère iranien des Affaires étrangère n'a pas réagi à ces informations.

La frontière entre le Liban et Israël est toujours "calme", a rapporté vendredi une force de maintien de la paix de l'ONU stationnée dans le secteur, au lendemain d'échanges de frappes entre l'Iran et Israël en Syrie. Une stratégie qui a ses limites selon l'expert Alexeï Malachenko: "Même avec la meilleure volonté du monde, personne ne peut amener l'Iran et Israël à la même table".

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