Mardi, 21 Août 2018
Latest news
Main » Autres: Berlin et Paris veulent un budget commun pour la zone euro

Autres: Berlin et Paris veulent un budget commun pour la zone euro

22 Juin 2018

Concernant la question des migrations, qui déchire l'Europe ces dernières semaines, Emmanuel Macron a jugé qu'il faut "une réponse européenne face au défi migratoire". Une position qui pourrait ressembler à la proposition de la Commission européenne de créer une enveloppe de 25 milliards d'aides aux réformes structurelles dans la zone euro. Et les écarts de richesse entre les pays de la zone euro n'ont fait que croître. Tous deux ont annoncé mardi un accord sur un budget commun de la zone euro. Ainsi, du fait de la remise en cause de l'ensemble du spectre politique, même ses faibles concessions à Emmanuel Macron font déjà débat à Berlin, bien qu'elles aient été annoncées de longue date.

L'autre point clé de l'accord franco-allemand concerne la garantie des dépôts des épargnants.

"Nous voulons agir pour que ce budget soit employé pour renforcer les investissements", s'est déclarée Angela Merkel, confirmant ensuite qu'elle était en faveur d'une base commune à l'impôt sur les sociétés.

La France sait qu'il est trop tôt pour envisager un accord sur la mise en place d'un système européen définitif de garantie des dépôts bancaires (SEGD, EDIS) qui rassurerait les épargnants, après les piliers " supervision " et " résolution " (traitement des faillites) de l'union bancaire. Mme Merkel rencontrera les dirigeants des pays affectés par les migrations (la France, l'Italie, la Grèce, la Bulgarie et l'Espagne) et tentera de trouver des solutions européennes aux problèmes des migrations et de l'asile, avant le sommet de l'UE. Les deux pays ont dit leur satisfaction, mais qu'en est-il réellement? "Nous développerons une culture commune mais aussi des missions harmonisées pour les forces armées". S'il y a un accord la semaine prochaine c'est qu'il y a des miracles en Europe.

Car malgré une chute spectaculaire des arrivées de migrants sur les côtes européennes depuis le "pic" de 2015 - environ 40.000 arrivées depuis début 2018, contre plus d'un million pendant l'année 2015 -, le sujet reste au coeur de fortes tensions entre Européens.

Tout aurait pu sembler aller pour le mieux pour Angela Merkel.

Macron est allé jusqu'à évoquer la possibilité de créer une police européenne des frontières "de dix mille hommes" par exemple.

Mais les Allemands ne sont pas seuls à s'inquiéter: huit pays du nord de l'Europe, dont les Pays-Bas, l'Irlande et les pays baltes, ont aussi exprimé leur réticence devant l'idée française.

Angela Merkel doit aussi faire face à un mécontentement croissant de son opinion, exacerbé par des faits divers. Hier s'est ouvert le procès d'un jeune réfugié afghan accusé d'avoir mortellement poignardé son ancienne petite amie de 15 ans dans un supermarché. "Vous avez dans des camps en Libye des personnes qui ont été la proie des passeurs et qui prennent la mer". Mais plus globalement celle de la CSU, l'Union chrétienne-sociale alliée historique de la CDU (l'Union chrétienne-démocrate que préside Angela Merkel), qui réclame un durcissement de la politique migratoire. De nombreux pays tels que l'Italie, l'Autriche, la Hongrie, la Slovaquie, la République tchèque ou encore le Danemark ont clairement durci leur politique anti-immigration.

Dans l'après-midi, les ministres des deux pays se sont réunis. " La manière dont agit l'Allemagne va déterminer si l'Europe va rester unie ou pas", a-t-elle mis en garde lundi, selon des participants à une réunion de son parti.

Sans l'apport des députés CSU, la CDU et les sociaux-démocrates du SPD, alliés de la chancelière au sein de la 'grande coalition', n'ont pas de majorité au Bundestag.

Autres: Berlin et Paris veulent un budget commun pour la zone euro