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L'opposition demande un report des élections — Algérie

09 Mars 2019

"C'est un système corrompu, le système de Bouteflika, on est là pour dire non au système corrompu"! lance un jeune manifestant.

L'opposition a brièvement et vainement tenté de présenter un candidat unique contre M. Bouteflika au scrutin du 18 avril.

Depuis le 22 février, l'Algérie est plongée dans une vague de protestations suite aux nouvelles ambitions politiques de Bouteflika qui, depuis 2013, lutte contre un AVC qui l'a complètement affaibli physiquement. Il est à ce poste depuis 20 ans. Mais ses promesses n'ont pas réussi à apaiser la contestation, bien que le camp présidentiel estimait la veille qu'elles répondaient "pleinement" aux revendications des manifestants. Il s'est toutefois engagé, s'il est élu, à ne pas aller au bout de son mandat et à se retirer à l'issue d'une présidentielle anticipée.

Dans l'après-midi, la police a utilisé gaz lacrymogènes et grenades assourdissantes pour disperser des manifestants qui tentaient de forcer un cordon de police bloquant l'accès à une rue remontant vers la présidence de la république, selon un journaliste de l'AFP. S'il n'a pas condamné les protestations, le président algérien a cependant mis en garde le peuple contre une possible infiltration qui pourrait déboucher sur "le chaos". "Quand on parle de manifestation, les droits de liberté d'expression et de réunion sont inscrits dans la Constitution algérienne", a notamment déclaré celle qui porte la voix de l'exécutif européen. Bouteflika a assez gouverné.

Seul le quotidien gouvernemental El Moudjahid renvoie les manifestations à l'intérieur du journal, en page 9, sans mentionner les demandes de départ du chef de l'État, scandé à pleins poumons par la rue. Il est d'ailleurs hospitalisé, en ce moment, en Suisse.

"Nombreux sont les haineux à l'étranger à regretter que l'Algérie ait traversé, grâce à vous Algériens et Algériennes, paisiblement et sereinement, la déferlante du printemps arabe", poursuit-il, dénonçant "ces cercles" qui "n'ont jamais cessé de conspirer contre notre pays".

Les médias audiovisuels publics algériens et les télévisions privées, propriétés d'hommes d'affaires proches du pouvoir, ont durant plusieurs jours passé sous silence le mouvement de contestation. Le clip a depuis été largement relayé sur les réseaux sociaux, et devrait sans doute rythmer les prochaines manifestations.

Que peut-il se passer maintenant?

L'incertitude régnait donc au lendemain de la clôture des candidatures à la présidentielle. Celui-ci prévoit déclarer la vacance du pouvoir (lorsque l'état de santé du président ne lui permet plus d'exercer ses fonctions).

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